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Main posée sur une serviette beige avec une paire de ciseaux fins de manucure placée à côté, évoquant le sujet des cuticules.

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Excepté les cuticules, que savons-nous vraiment sur nos ongles ?

Les techniques gel et semi-permanent ont pris tant de place dans nos vies qu’on en aurait presque oublié la couleur de nos ongles naturels.

D’ailleurs, s’est-on jamais intéressé à leur biologie ?

Par exemple, les cuticules sont-elles vraiment ce que l’on croit qu’elles sont ?

Les cuticules : là où une majeure rectification s’impose 

L’industrie de l’ongle enseigne depuis des années combien il est crucial de nourrir les cuticules de l’ongle avec une huile. D’ailleurs, la plupart des produits se nomment ainsi : huile cuticules.

Pourtant, une erreur  et pas des moindres  se glisse dans ces termes, et cela concerne directement l’anatomie de l’ongle.

Ce que l’on pense être les cuticules se nomme en réalité le repli proximal. Une peau vivante, qui, dans la continuité du stratum corneum (couches les plus superficielles de l’épiderme) correspond au repli de peau arrondi qui borde l’ongle.

Les “cuticules”, c’est une autre histoire. 

Ce que sont réellement les “cuticules” 

D’abord, on ne parle uniquement que de la cuticule. Maintenant, qu’est-ce que c’est ?

La cuticule correspond à une fine couche de tissu blanchâtre solidement attachée à la plaque. Elle se déplace et devient de plus en plus visible à mesure que l’ongle pousse. Elle est produite par un tissu très mince situé dans la face inférieure du repli proximal, l’éponychium.

La cuticule a pour rôle d'apporter une barrière supplémentaire en scellant l’espace entre la peau et la plaque, à la base de l’ongle. Ce qui la différencie du repli proximal, c’est que son tissu n’est pas vivant.

Tu l’auras donc compris. La cuticule est une peau... morte. On peut en déduire que ce que nous sommes supposées faire avec une huile cuticules, c’est nourrir ce qui n’est plus… 

(Photo : The Biology of the Skin. Chapter 6, Basic Science of the Nail Unit, 2001)

Le repli proximal, un bouclier inutile ?

Maintenant que l’histoire des “cuticules” est rétablie, intéressons-nous au repli proximal et sa fonction.

Le repli proximal n’est pas juste “une peau qui dépasse”. C’est une partie de peau kératinisée qui scelle parfaitement la jonction entre la peau et l’ongle.

Son rôle est essentiel et vient renforcer le rôle de la cuticule en jouant le rôle de barrière protectrice pour la matrice  l’usine de production des ongles. Supprimer cette barrière revient à priver l’ongle et la peau de leurs défenses propres.

Pourquoi avons-nous pris l’habitude de le couper ? 

Avec la montée en puissance de la manucure russe, le repli proximal est perçu comme un défaut esthétique, on parle de contour net.

Avec le consentement des clientes, les professionnels de la manucure ont systématisé cette pratique, soutenant indirectement l’illusion d’un ongle net et sain.

Mais dans le fond, cela cause un réel problème : rien ne justifie de supprimer le repli proximal. Plus encore, ce geste, devenu un réflexe, fait apparaître de nouvelles problématiques. 

Quelles sont les conséquences ? 

Couperait-on sciemment une magnifique rose qui vient d’éclore ?

Le repli proximal est un organisme bien vivant, puisqu’il fait partie de la peau. En le coupant, il réagit, et pas des meilleures façons : 

  • petites peaux inflammées (incluant rougeurs et gonflements), 

  • entrée d’eau plus favorable qui rend l’ongle mou, 

  • infections ou paronychies, 

  • décollement de la plaque (onycholyse), 

  • repousse anarchique, plus épaisse et plus dure, 

  • déformations de la plaque de l’ongle (matrice endommagée) 

En privant l’ongle de son bouclier, on entre dans un cercle vicieux : plus on le coupe, plus il devient sec, et donc, on recoupe... indéfiniment, malgré les risques. 

Comment prendre soin de cette zone ? 

Si le repli proximal est correctement “soigné”, il devient à peine visible autour de l’ongle, et n’a nullement besoin d’être coupé. L’objectif est de le rendre souple et soyeux sans supprimer sa fonction principale : préserver la matrice.

Voici quelques bons gestes actionnables : 

  • l’hydrater quotidiennement avec une huile végétale 

  • l'assouplir en cas de forte sécheresse 

  • le repousser délicatement (avec l’aide d’un émollient) 

  • et bien sûr, éviter de le couper 

Un repli proximal souple souligne un contour net, protège mieux, et permet une manucure plus élégante que s'il était coupé.

En résumé 

Une erreur de terminologie peut entraîner une plus sérieuse problématique sur le long-terme. Pour nous, commun des mortels, le repli proximal est les cuticules, et nécessite d’être coupé.

Une nouvelle fois, l’industrie choisit le pouvoir du marketing à la sincérité d’une réalité biologique. À juste titre, qui voudrait nommer un produit “huile repli proximal” ?

Si ce jargon scientifique peut sembler intimidant, pourquoi ne pas opter pour un terme plus simple, comme “contour”, qui peut être facilement compris de tous ?

→ Lire aussi : Va t-on enfin comprendre pourquoi nos ongles se dédoublent ?

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