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L’idée de prendre soin des ongles comme on prend soin de la peau est prometteuse. En revanche, parler des ongles comme on parle de la peau est une erreur.
"Nourrir”, “hydrater”, ou “réparer” sont des termes qui s’appliquent très bien à la peau, mais qui placent l'ongle hors-jeu.
Décrire l’ongle comme on décrit la peau
Contrairement à la peau qui est un organe vivant, actif et vascularisé ; l’ongle, lui, se compose essentiellement de kératine.
Ils sont donc issus de deux univers biologiques différents. Pourtant, on “traite” l’ongle exactement de la même manière que la peau : on hydrate, on nourrit, on répare. Et c’est ici que la confusion s'installe.
Si l’ongle n’est pas une structure vivante en tant que tel, comment peut-il se nourrir, s’hydrater ou se réparer ?
Bonne question, et la réponse est simple : il ne peut pas.
Derrière la confusion, une réelle signification
L'ongle ne peut donc ni s’hydrater, se nourrir ou se réparer. Mais alors, à quoi ces termes font-ils allusion ? Traduction.
Hydrater = retenir l’eau
Un ongle est déshydraté lorsque l’eau contenue dans la plaque s’évapore à la surface. C'est bien là tout l’enjeu de l’hydratation de l’ongle : retenir cette eau. Faute de quoi, l’ongle devient rigide et beaucoup plus vulnérable aux chocs.
La rétention d’eau s’effectue par plusieurs biais :
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l'application d'huiles fines (jojoba, avocat),
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l'adoption de gestes doux,
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et la protection contre l’eau et les solvants.
Nourrir = favoriser une meilleure croissance
L’action de nourrir fait référence à l‘entretien du contour de l’ongle, et plus précisément, la matrice. Grâce à ce geste, non seulement la peau environnante est gardée saine, et la matrice est mise à l'abri d’éventuels déséquilibres.
Finalement, nourrir permet aussi de favoriser la production cellulaire qui, semaine après semaine, développe l’ongle.
Réparer = rétablir la cohésion de kératine
L’ongle étant biologiquement “mort”, il ne peut pas se régénérer. Cela prend du sens car lorsqu’un dommage est constaté sur l’ongle, celui-ci perdure jusqu’au renouvellement complet de la plaque.
Un ongle abîmé ne peut être réparé comme par magie. En réalité, voici ce que le terme “réparation” encadre (et ce que des solutions cosmétiques peuvent faire) :
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renforcer la cohésion de la kératine (s’assurer que les couches restent compactes entre elles)
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améliorer la souplesse de la plaque
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améliorer l’aspect visuel de l’ongle (atténuer les stries, déjaunir)
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ou encore, assouplir le contour de l’ongle
Pourquoi ces termes dérangent ?
Le fait de nous laisser penser que les ongles peuvent être réparés créent en nous des attentes élevées. Malheureusement, celles-ci peuvent être difficilement satisfaites.
On promet de “nourrir” l’ongle, alors qu'on peut que le conditionner. En effet, on peut lui offrir de meilleures conditions et un terrain plus favorable à son développement.
Mais lorsque les mots ne reflètent pas la réalité, la déception s’installe. La promesse fait vendre, mais la réalité est toute autre.
Le langage qui respecte de la physiologie de l’ongle
On comprend la mécanique du marketing. Mais parfois, un peu de vérité ne fait de mal à personne.
Concernant le jargon de l’ongle, voici quelques exemples d’un vocabulaire plus adapté :
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assouplir la plaque,
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sceller l’hydratation,
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prévenir la casse,
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renforcer la cohésion de kératine,
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favoriser la croissance ou le renouvellement cellulaire (de la matrice)
Au-delà d’une promesse, un vocabulaire cohérent ne diminue pas les effets d'un soin. C'est ainsi qu'il le rend légitime.
→ Lire aussi : "Les ongles respirent", vérité ou phénomène de désinformation ?
